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François Louis Ali
Colonel d’artillerie,
commandant l'artillerie de La Rochelle,
par Pierre Michel (1836-1907)


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       Pierre Michel est fils de Pierre Michel lequel, fils de Pierre Michel et de Joséphine Ali, a eu pour trisaïeul le fils du Bacha qui commandait pour le Grand Seigneur à Bude, capitale de la Basse Hongrie, lorsque cette ville fut prise le 2 septembre 1686 par le Duc de Lorraine.
       Le Bacha fut tué sur la brèche et un seul de ses fils fut sauvé du massacre par un des seigneurs français de la maison de Vintimille, qui était du nombre de ceux qui suivirent le Prince de Conti dans l'armée de Léopold contre les Turcs.
       Le jeune musulman, alors âgé en apparence de six à sept ans, fut amené en France et présenté à la famille royale. Il intéressa particulièrement Monseigneur le Duc de Bourbon qui, après l'avoir présenté à Louis XIV, voulut prendre soin de son éducation. La première faveur qu'il lui fit fut d'être son parrain. Sa marraine fut son Altesse Marie Thérèse de Bourbon, Princesse de Conti. La cérémonie du baptême se fit en l'église Saint Sulpice le 26 mars 1690. Une médaille d'or fut frappée à cette occasion comme le relate la Gazette de France du 27 mars 1690.
       Ali avait à peine quatorze ans lorsque le Prince lui fit faire sa première campagne sous le maréchal de Luxembourg. Il fut blessé dangereusement à la bataille de Steinkerque et le témoignage que le maréchal rendit à la conduite du jeune guerrier lui mérite l'honneur de voir placer ses armes au dépôt de Chantilly comme un trophée à sa gloire.
       Après la paix de Ryswick le Prince le maria. Comme il était passionné pour la chasse Son Altesse le laissa se livrer à son goût. Louis XIV daignait l'admettre à ses chasses et le recevait avec distinction.
       Il mourut avec le titre de chef des échansonneries de la Reine, laissant un fils nommé Louis Ali.

       Louis Ali devint capitaine au Colonel Général Dragon et aide de camp du Lieutenant Général, mais ayant été réformé après les guerres des Flandres et notamment après la bataille de Lawfeld où il fut grièvement blessé et eut deux chevaux tués sous lui, le Roi, pour l'avoir toujours à son service, lui donna la charge de Lieutenant Inspecteur Général de la Capitainerie de Fontainebleau.
       Il est mort jeune, laissant une assez nombreuse famille sous d'heureux auspices, car le Roi Louis XV et la Reine avaient daigné être parrain et marraine d'une de ses filles qui mourut à l'âge de quinze ans à la pension royale de Morette.
       Monsieur le Dauphin et Madame la Dauphine, père et mère de Louis le Désiré, furent parrain et marraine d'une seconde de ses filles. Les cérémonies de ces deux baptêmes eurent lieu le 15 novembre 1750 et le 22 novembre 1753 à Fontainebleau.
       A la mort de la mère la pension que le roi lui avait accordée au décès de son mari fut réversible à la seconde fille qui mourut aussi pensionnaire. Sa Majesté s'était exprimée ainsi dans son brevet: «Voulant favorablement traiter la demoiselle Ali et lui donner des marques de la satisfaction que Sa Majesté ressent des services de sa famille, elle lui accorde...»
       Enfin un troisième enfant, un fils, avait aussi l'honneur d'être filleul de Son Altesse Monseigneur le Prince de Condé et de Madame la Duchesse d'Orléans.
       Au milieu de toutes ces faveurs, et au moment où la Cour l'honorait, une mort prématurée vint briser sa carrière toute consacrée au service de la France. Sa veuve, âgée de vingt six ans seulement, à qui le séjour de Fontainebleau rappelait à chaque instant son infortune, se retira en Franche Comté dans un petit patrimoine, suivie de ses cinq enfants en bas âge.

       Alors survint la révolution de 1793, qui fit perdre à la famille Ali la protection qui avait honoré ses ancêtres.

      
Joséphine  ALI, fille de François Louis       De ces cinq enfants un garçon, François Louis Ali, est entré comme volontaire dans l'artillerie, comme simple canonnier. Après avoir passé par tous les grades il est parvenu à celui de colonel, ayant obtenu successivement les décorations de Saint Louis et de la Légion d'Honneur. Lorsqu'il a pris sa retraite il comptait quarante cinq ans de services effectifs.
       Il a laissé une seule fille, Joséphine Ali, mère de Pierre Michel.


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Anne Petronille, mère de François Louis Ali        François Louis ALI, Colonel d'Artillerie, Chevalier de la Légion d'Honneur, fils de Jean Louis, officier de Dragons et Lieutenant Inspecteur Général de la Capitainerie royale de Fontainebleau, et de Anne Pétronille MARGUE, né le 15 novembre 1749 à Fontainebleau.
       Il eut pour parrain Jean Baptiste François de Montmorin, marquis de Montmorin, comte de Châteauneuf, baron de Saint Gervais, seigneur de Voltère, de Molièse, de la Tourette et autres lieux, Gouverneur et capitaine des chasses de Fontainebleau, maître particulier des eaux et forêts du dit lieu, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis et Lieutenant Général des camps et armées de Sa Majesté, et pour marraine dame Madeleine de Pèse, épouse de messire Mathurin, marquis de Vosse, vidame du Mont, Gouverneur de Rennes en Bretagne.

capitaine François Louis ALI        Il entra le 6 juin 1771 comme canonnier au 5ème régiment d'Artillerie à pied, devint sergent le 13 novembre 1773, sergent major le 1er juin 1779 et servit à l'armée des côtes de Normandie pendant les années de 1782 et 1783. Promu lieutenant en troisième le 7 juillet 1786, lieutenant en second le premier janvier 1791, adjudant major le premier avril suivant,
capitaine en second le 26 juillet 1792 et capitaine en premier le 17 juin 1793, il fit les campagnes de 1792 et 1793 aux armées du Rhin et de l'Ouest et se distingue à la prise de Spire et pendant le blocus et le siège de Mayence. Passé le 10 brumaire an II comme capitaine commandant l'école des élèves de Chalons, il quitta ses fonctions le premier floréal de la même année et fut nommé le premier prairial suivant chef de bataillon au 6ème régiment d'artillerie à pied. Renvoyé dans l'Ouest, il suivit les opérations de nos armées de l'an II à l'an V et y commanda les arsenaux de Tours et Angers. Appelé en l'an VI à l'armée d'Angleterre, il fit partie de l'expédition d'Irlande et se distingua au combat livré sous l'île de Thory. Rentré à l'intérieur il y commanda successivement par intérim de l'an VII à l'an IX le 6ème régiment, la direction d'Artillerie de Lille et l'artillerie de la place du Luxembourg, et de l'an X à l'an XI l'état major de l'artillerie de Rennes en l'absence du colonel. Appelé en l'an XII au camp de Brest, il devint membre de la Légion d'Honneur le 25 prairial et, le 24 messidor suivant, sous directeur de l'artillerie de la place de Saint Malo.


colonel François Louis ALI       Elevé au grade de colonel le 14 mars 1811, il passa le premier avril directeur d'artillerie à la Rochelle et obtint sa retraite le 12 août 1814. Il est mort à la Rochelle, Charente Inférieure, le 18 mars 1829.

       Cette famille est aujourd'hui représentée par Joseph Michel et Pierre Michel, petits fils de l'éminent Légionnaire qui fait l'objet de cette note. Au nombre de ses petits fils, l'aîné Louis Michel est chevalier de la Légion d'Honneur.

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       NB : Pierre Michel, le père du rédacteur de cette même note, fut élu trois fois président de la Chambre de Commerce de La Rochelle, entre 1831 et 1866.

Pierre Michel président CCLR
      
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